Entretien des pins blancs

Les pins blancs sont des pins dits « faibles ». Ils ne produisent a priori qu’une seule pousse par an, il faut donc les tailler avec précaution.

Ces arbres préfèrent les sols secs. On veillera à utiliser un substrat bien drainant, pour éviter un excès d’humidité, et à bien laisser sécher entre 2 arrosages. Si les pins blancs aiment avoir leurs racines au sec, ils apprécient qu’on offre de l’humidité à leurs aiguilles. Ainsi, en été, il n’est pas rare que sur les 2 arrosages pratiqués par jour à Taisho-en,  pour l’un des deux, on se contente de mouiller les aiguilles des arbres, sans arroser leur substrat, ou très peu.

Lors du travail d’éclaircissement de l’arbre, et de sa mise en forme, nous allons retirer les vieilles aiguilles, et une partie de celles de l’année. La quantité enlevée dépendra de la vigueur de l’arbre, et de son stade de développement. Ce travail permettra d’apporter de la lumière à l’intérieur de l’arbre, pour favoriser le bourgeonnement. Cela va aussi faciliter la pose du fil pour la mise en forme.

La meilleure période pour ligaturer les pins blancs, préconisée par Bjorn Bjorholm dans sa vidéo  » The bonsai art of Japan  » ( Episode 29), se situe de fin septembre à début mars. Cela évitera de casser les jeunes pousses émises au printemps. Mais comme d’habitude, cela doit être adapté à vos conditions de culture.

A Taisho-en, ce travail est réalisé pratiquement toute l’année, avec une petite interruption au moment où les nouvelles pousses sont les plus fragiles (avril-juin). Mais cela va dépendre du type d’arbre.

 

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Ce pin blanc, travaillé en juillet 2016, est très vigoureux. Nous pouvons l’éclaircir, et le mettre en forme sans risque.

 

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On éclaircit en taillant les rameaux en trop: on garde la plupart du temps 2 départs au bout d’une branche plus importante. On retire aussi les vieilles aiguilles, et une partie de celles de l’année, en ne conservant qu’une couronne d’aiguilles aux extrémités des rameaux.

 

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Mon premier travail à Taisho-en ! La mise en forme est terminée. Elle devra être affinée au cours des années à venir.

 

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Le même arbre en avril 2017. Il n’a évidemment pas émis de nouvelles pousses après juillet. On distingue les nouveaux bourgeons de l’année qui commencent à se développer.

 

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Oyakatta inspecte le travail réalisé par Carlos sur un petit pin blanc (juillet).

 

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Un de plus !

 

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Ces nombreux pins blancs sont utilisés par les étudiants, pour mettre en pratique les techniques de base enseignées ici. Notez la boulette d’engrais disposée dans chaque pot. Photo début août.

 

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Sur cet arbre, aucune aiguille n’est retirée avant la mise en forme ( juillet ).

 

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Le résultat.

 

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Un pin blanc plus imposant (70cm), après un travail effectué début avril. L’arbre a été légèrement désaiguillé (vieilles aiguilles uniquement), puis ligaturé, et greffé. Stephan, un étudiant belge a commencé le travail, que j’ai ensuite poursuivi. Il manque encore un peu de fil sur la cime.

 

 

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Le même arbre. Oyakatta nous explique que dans ce cas, on retire la chandelle centrale, et on casse la moitié de celle de droite.

 

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Afin de réaliser une photo, j’entreprends  l’opération qu’il vient de nous décrire. Mais il me demande d’arrêter: « Nous verrons plus tard ! ». Le risque d’affaiblir l’arbre est trop grand. En effet, certaines branches importantes vont être coupées, la ligature n’a pas été encore posée, et on va aussi greffer l’arbre. Finalement, on ne touchera pas aux chandelles pour ne pas enlever trop d’énergie à l’arbre.

 

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Détail des greffes réalisées sur la branche basse de droite. Une branche du même arbre a été coupée, plongée dans un seau d’eau pendant quelques heures, puis on a prélevé les greffons. Durant mon séjour en avril, c’est la seule fois où l’on a immergé des greffons afin de les poser. Mais c’est aussi la seule fois où l’on a greffé du pin blanc. Les autres greffes ont été pratiquées sur des pins noirs, qui n’ont pas besoin de la même attention.

 

 

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Sur cet arbre vénérable, nous n’enlèverons pas d’aiguilles. Nous demandons pourquoi à Oyakatta: « Je n’ai pas envie de ne voir que les os de l’arbre! ». Autrement dit, on ne va pas trop le déplumer.  Quelques branches seront ligaturées pour affiner la forme de générale de l’arbre (fin juillet).

 

Dans sa vidéo (cf lien à la fin de l’article), Bjorn Bjorholm, explique qu’à Kouka-en (Osaka), le développement des pins blancs est contrôlé quasiment uniquement en gérant l’arrosage, et la fertilisation (engrais donné seulement au début de l’automne). La taille des chandelles n’est apparemment pas pratiquée. A Taisho-en, les pratiques sont un peu différentes. Selon mes observations, je déduis qu’on donne de l’engrais organique aux pins blancs, dès le mois de juin. L’engrais est dosé à 4-2-1.

 

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Fin juillet: l’engrais est déjà en place depuis un moment sur ce shohin .

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Même constat pour cet arbre.

 

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Mi-juillet. Sur ce pin blanc plus grand (60 cm), l’engrais est en place depuis au moins le début du mois.

 

Mettons maintenant en pratique les deux principaux enseignements que j’ai appris d’Oyakatta . Ses mots résonnent encore en moi quand je m’apprête à agir sur mes arbres:

  • « Case by case » : on procède toujours au « cas par cas ».
  • « Learn the tree » :  « apprenez l’arbre » , c’est à dire observez chaque arbre pour adapter vos actions à ses particularités. N’appliquez pas les règles apprises sans les adapter à l’arbre, s’il le « demande ».

Avec ces mots en tête, oubliez un instant la règle communément appliquée: « on ne taille jamais la totalité des chandelles d’un  pin blanc », avant de regarder les photos suivantes.

 

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Mi-juillet. Emission de nouveaux bourgeons sur un pin blanc, après la taille de la quasi totalité de l’extrémité des rameaux, effectuée plusieurs mois avant.

 

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Le même bonsai. Ici, l’arbre a réagi comme un pin noir: une profusion de nouveaux bourgeons naissent à l’endroit de la coupe !

 

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Vu d’ensemble de l’arbre.

 

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Un autre pin blanc ayant été taillé plusieurs mois avant la photo, prise à la mi-juillet.

 

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Le même arbre. La plupart des tailles n’ont fait naitre qu’un seul bourgeon, mais à certains endroits, il y en a tout de même deux.

 

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Un dernier exemple sur un pin blanc taillé sévèrement. Photo début août.

 

Cela semble étonnant, mais ces arbres ont bien réagi. Ici ou là, quelques branches n’ont pas donné de nouveaux bourgeons. Elles vont probablement mourir, mais d’autres les remplaceront. Les conditions climatiques du japon permettent ce genre d’opération. Cependant elle n’est pratiquée que sur des arbres vigoureux, en cours de formation.

Asanuma que j’ai questionné sur le sujet, m’a confié que l’opération restait risquée, et qu’on pouvait perdre parfois jusqu’à 30 %  des branches ainsi taillées. Autant vous dire que j’hésiterais à faire cela sur un pin blanc cultivé en Europe.

 

Je vous invite à regarder la vidéo de Bjorn Bjorholm sur le sujet. En anglais: « The bonsai art of Japan  » . Vous trouverez facilement l’épisode 29, une fois sur la page youtube, en déroulant la liste des vidéos :

 

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